Anxiété et la maladie de Parkinson
Qu’est-ce que l’anxiété ?
L’anxiété est souvent rattachée au stress dans le langage courant mais ces mots désignent en réalité des phénomènes différents.
Le stress correspond à une réaction biologique normale de l’organisme face à une situation perçue comme menaçante ou dangereuse. Cette réaction nous permet de mobiliser des ressources afin de faire face rapidement à un potentiel danger ou obstacle. Le stress est généralement lié à une situation précise et tend à diminuer une fois celle-ci passée.
L’anxiété désigne un état d’inquiétude ou d’anticipation. Elle peut apparaitre avec ou sans danger immédiat et se caractérise par un sentiment persistant d’appréhension.
Elle peut se manifester de différentes manières :
Sur le plan psychologique :
- Inquiétudes excessives ou difficiles à contrôler
- Ruminations
- Sentiments d’insécurité
Sur le plan physique :
- Palpitations
- Tensions musculaires
- Tremblements
Sur le plan comportemental :
- Evitement de certaines situations
- Agitation
- Irritabilité
L’anxiété devient pathologique et problématique lorsqu’elle est durable, intense et envahissante au quotidien.
Chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, l’anxiété est particulièrement fréquente. Selon certaines études, environ 30 à 40 % des personnes vivant avec la maladie présentent un trouble anxieux au cours de son évolution.
D’où vient l’anxiété dans la maladie de Parkinson ?
Dans la maladie de parkinson, l’anxiété est généralement influencée par différents facteurs :
- Facteurs biologiques :
La maladie de Parkinson implique une modification des circuits cérébraux et notamment le circuit dopaminergique.
La dopamine est connue pour son rôle dans le contrôle des mouvements mais elle intervient également dans la motivation, le plaisir ainsi que la régulation émotionnelle.
Ces modifications neurobiologiques peuvent donc contribuer à une plus grande vulnérabilité émotionnelle et ainsi favoriser l’apparition de symptômes anxieux chez certaines personnes atteintes de cette maladie.
- Facteurs psychologiques :
Vivre avec la maladie de Parkinson induit une nécessité d’ajustement constant lié à l’annonce du diagnostic, la peur de l’évolution de la maladie et de ce qu’elle peut impliquer. L’incertitude et l’anticipation de l’avenir peuvent favoriser l’anxiété.
- Facteurs environnementaux :
L’environnement de vie peut également influencer l’anxiété, en n’impliquant pas forcément la maladie. On peut citer la diminution des activités sociales et/ou physiques ou encore des changements dans le domaine familial ou professionnel.
Prises en charge possibles :
La prise en charge de l’anxiété dans la maladie de Parkinson nécessite une approche globale et personnalisée, pour prendre en compte les différents facteurs impliqués. Plusieurs stratégies thérapeutiques peuvent être proposées :
- Ajustements des traitements parkinsoniens : certaines fluctuations motrices ou variations du taux de dopamine peuvent favoriser ou intensifier les manifestations anxieuses. Il est donc important d’en discuter avec son neurologue pour évaluer si une adaptation du traitement est nécessaire.
- Prise en charge psychothérapeutique : différentes approches peuvent aider à mieux comprendre et gérer l’anxiété.
o Thérapies Cognitvo-comportementales (TCC) : recommandées par la HAS pour les troubles anxieux, permettent de travailler sur les pensées, les comportements et les émotions.
o Les approches psychodynamiques ou analytiques : favorisent la compréhension du vécu émotionnel, de ses réactions ainsi que l’adaptation psychologique.
o Les Interventions basées sur la Pleine Conscience : permettent de se recentrer sur le moment présent et de diminuer l’impact des ruminations anxieuses.
o La Thérapie de l’Acceptation et de l’Engagement (ACT) : renforce l’acceptation des émotions et évènements/situations difficiles ainsi que la reconnexion à ce qui est important pour soi au-delà de la maladie.
- Éducation thérapeutique du patient (ETP) : elle aide à mieux comprendre la maladie, ses symptômes et les facteurs pouvant influencer l’anxiété, tout en favorisant l’acquisition de stratégies pour mieux les gérer au quotidien.
- Traitement médicamenteux : dans certaines situations, un traitement anxiolytique ou antidépresseur peut être proposé, généralement en complément d’un suivi psychothérapeutique et sous surveillance médicale.
- Approches complémentaires : certaines pratiques peuvent contribuer au mieux-être psychique, comme les techniques de relaxation (cohérence cardiaque, méditation…), la sophrologie, l’activité physique…
Quand en parler ?
Il est important d’en parler à son neurologue, à son médecin traitant, à un psychologue ou à l’équipe soignante lorsque l’anxiété devient fréquente, difficile à contrôler, ou lorsqu’elle gêne le sommeil, les sorties, les soins, les relations avec les proches ou la qualité de vie.
L’anxiété dans la maladie de Parkinson est fréquente, mais elle n’est pas une fatalité. Elle peut être reconnue, comprise et prise en charge.
En résumé :
· L’anxiété est fréquente dans la maladie de Parkinson. Elle peut se manifester par des symptômes psychiques, physiques et comportementaux.
· Cette anxiété peut être liée à plusieurs éléments : la maladie elle-même, les traitements, mais aussi aux changements et difficultés du quotidien.
· Lorsqu’elle devient difficile à gérer ou qu’elle retentit sur la qualité de vie, il est important d’en parler afin de mettre en place une prise en charge adaptée.


